Voilà mon petit chéri d'amour qui a enfin trouvé à quoi il peut servir (je peux en profiter, il ne lit jamais ce que j'écris...est-ce par désintérêt, par absence de temps, parce qu'il doit déjà supporter ce que je raconte oralement alors de l'écrit en plus....je vais dire que c'est par respect pour mon désir de lui tailler une réputation qu'il n'a rien à gagner à connaître...) : il a réparé mon ordinateur et je peux à nouveau communiquer (aah !!! je me réinstalle donc en face de mon écran et là mon regard est happé par un vase rempli d'un liquide rougeâtre...Octavia a encore frappé, je ne saurai dire quels ingrédients elle a mélangé pour obtenir ce magma surmonté de dépôts blanchâtres, mais pour ceux qui seraient intéressés par sa commercialisation, je leur propose d'axer leur publicité sur l'odeur fort agréable du machin...à défaut de savoir à quoi il peut être utilisé....je ne conseille pas un usage oral...merci de vous signaler vite car je pense que, malheureusement pour la postérité, ce produit révolutionnaire (surtout pour mes nerfs) va rapidement s'épandre dans mes canalisations locales.)

 

Je fais énormément de vocalises en ce moment. Hier encore, j'ai poussé un cri digne d'une diva à qui on a interdit un dernier sandwich avant la scène, à la vue d'un Marcus maculé de nutella (je trouve que le nutella revient régulièrement dans mes histoires...dois - je suivre une analyse pour savoir pourquoi je pourvois régulièrement à l'approvisionnement d'une pâte dégoulinante, écoeurante de gras, de sucré (et salé sur le ticket de caisse) qui a le mérite principale de toujours s'étaler en dehors des limites de la tartine...j'en suis au point de faire mes courses à ED, magasin où je ne mets jamais mes pieds parce que les caissières s'émulent à celle qui réussira à lancer le plus loin possible les commissions, comme si elles devaient les toucher le moins possible pour ne pas être contaminées par ton humiliation à t'achalander dans un discount aux prix pas moins chers qu'ailleurs _ où tu dois aller ensuite parce qu'il te manque plus de la moitié des produits que réclament tes gosses jamais gavés _ parce que dans leur prospectus, ton oeil torve a été attiré par la réclame proclamant le 3ème pot de nutella gratuit pour 2 achetés...j'en ai pour trois semaines de mentons maculés, de housses de canapé tâchées et de nappes souillées).

 

Je vais donc aller récurer ce vase tout surpris de contenir enfin quelque chose (un stylo a été planté dans le bouillon rouge. La signification, le message ? Juste que ma fille nê sera pas décoratrice intérieure ! N'allez pas lui dire, j'ai eu le malheur de lui dire que le ler dernier dessin qu'elle a ramené à la maison n'était pas très réussi...elle a chouiné...je ne sais si c'est de se sentir incomprise dans son âme d'artiste ou de se sentir trahie par une mère qui doit être aveuglée par l'amour au point de perdre tout jugement en matière d'esthétisme...j'ai déjà donné pour la fête des mères ! heureusement que c'est qu'une fois pas an ! (bon, j'avoue j'adore les attentions qu'ils ont ce jour là mais il faut être réaliste, la fête des mères ne dure pas une journée, tout au plus 10 minutes, le temps qu'il leur faut pour vous fourguer leurs cadeaux en vous disant que vous êtes la meilleure maman du monde, puis après vous reprenez la forme de serpillière qui leur sert de défouloir le reste du temps...)

 

Ci - dessous, ce que j'ai écrit durant la panne de mon ordinateur..j'étais en panne d'inspiration aussi....

(Heu, j'ai un premier message mais il est en anglais. Je regrette amèrement d'avoir fait 7 ans de cette langue éminement respectable parce que je sais parfaitement la déchiffrer (j'ai fait mon mémoire de maitrise de psycho à l'aide de textes uniquement anglo - saxons, donc même les termes techniques et rébarbatifs n'ont pas de mystère pour moi...enfin à les lire parce qu'à les expliquer !) mais je suis incapable de baragouiner quelques mots pouvant former un texte cohérent et compréhensif ex : sorry, I don't know  how write you ! Si vous avez compris, vous devez être atteint de la même maladie que moi !)

 

Lundi 19 mai 2008 :

J’écris peut être dans le vide (sûrement, dirons ceux qui ne me liront jamais) car mon ordinateur est en panne et chantille telle une sirène schizophrène, ronflant et sifflant pour s’empêcher de ronfler, ronflant et sifflant sans arriver à se réveiller puisque son œil de cyclope reste désespérément opaque, murée dans un ronronnement sysiphien.

mardi 27 mai 2008 :

Le vide s’est crée de lui – même car le manque d’inspiration a creusé ma cervelle, qui s’est alors raccrochée au fait qu’elle avait un travail à fournir pour échapper au devoir d’écriture. Et je me suis retrouvée à saisir des factures, faire des comptes, trouver mes erreurs, médire du chef pour ne pas affronter la page blanche et son fleuret aiguisé.

En parlant de blanc, avez – vous constaté qu’il suffit d’enfiler un pantalon blanc pour que de multiples tâches se mettent à se jeter goulûment sur vous ? Vous pouvez vous habiller en noir, les mains de votre fils pleines de nutella vous ignorent, la sauce des raviolis préfère s’étendre sur la gazinière, la tartine beurrée surmonte la loi de Murphy. Enfilez un pantalon blanc et là déjà, sous l’ongle du doigt qui vient de finir de boutonner la cible, une ombre noirâtre et indélébile vient vous marquer de la fatalité. Si vous avez de la chance, les personnes qui vous entourent ne se rendront pas compte que les auréoles, de couleurs variées (et surtout détonantes), qui s’étalent sur votre séant, n’ont pas toujours été là. Mais au moins, vous aurez un support pour raconter votre journée à votre mari : tu vois, cette tâche c’est quand ….Pour conjurer le sort du pantalon blanc ? Peut être le couper en short ? lui répéter qu’il vaut aussi bien qu’un noir ? Le conserver à jamais dans sa penderie où il jaunira lentement ? Foudroyer d’un regard mortel tout individu s’approchant à moins de 5 pas ? Non, le découper dans le catalogue et se rêver en beauté sculpturale et inaccessible…

En parlant de pantalon, j’ai passé toute une après midi à rechercher le doudou de mon fils. Le temps de le sortir du lit, de l’habiller et de l’installer sur la siège haute, il avait disparu…le doudou, pas le fils parce que je sais distingué un fils d’un bout de tissu : il y en a un que l’on peut laver ! J’ai inspecté le moindre recoin du chemin parcouru, demandé à mon mari de s’y coller et à deux, nous avons agrandi nos recherches jusqu’à soulever le moindre objet pouvant camoufler ce bidule infâme, devenant chèvre à force d’être tournés en bourrique par cette disparition inexpliquée. Pendant ce temps, mon fils, goguenard, goûtait heureux de ses nouveaux pantins effectuant de multiples révérences et autres circonvolutions, se retenant d’applaudir de peur de laisser tomber son biberon. L’heure du bain survint, nous laissant le cerveau grillé, énervés, chacun accusant l’autre de l’inexplicable, sachant de mauvaise foi que j’étais la fautive mais ne voulant de bonne foi certainement pas l’avouer. Je déshabillai mon fils et trouvai lové dans son pantalon un doudou bien chaud. Voilà pourquoi mon fils ayant toujours su où était son ami ne participait point au désarroi et à la désespérance profonde de sa famille. Comme quoi les doudous, c’est plus pour réconforter les parents que les enfants.