Il y a quelques années (on ne rajeunit pas), je vous narrais les aventures d'une poussette plus expressive que jouissive. Celle que j'utilise actuellement n'est que poussive, mais malgré sa raideur, son opiniatreté à l'indocilité et les rats qu'elle invite sur mes doigts lorsque j'essaye de la plier, elle ne mérite pas de figurer comme personnage récurrent d'un blog qui se veut original dans le catastrophisme (challenge compliqué quand on sait qu'il suffit d'un malade en Europe pour créer une ode à la panique générale, sponsorisée par des laboratoires OMS (organisés mondialement pour décider qui a le droit à la santé) alors que des milliers de morts cantonnés dans un périmètre africain ne bouleversent que les stratégies de traders coupe fin (inspirateurs des tweets cause toujours....ce jeu de mots est incompréhensible pour les moins de 20 ans....qui n'ont pas connu les raiders, Groquik, Casimir, les jeux de 20 heures...comme on dit pour la Toussaint, ce sont toujours les meilleurs qui partent en premiers, n'est ce pas Michel Drucker ! )).

Heureusement, pour relever le défi, je possède un merveilleux petit garagiste qui a décidé de se servir de ma voiture comme arme à destruction individuelle. Comme tout serial killer qui se respecte, il a commencé petit pour juger de l'innocuité de nos réactions face à son incompétence.

Un bruit suspect alors que nous roulions, s'accentuant lorsque nous étions en descente, une sorte de frottement aigu surgissant du tréfonds du véhicule : il n'avait qu'oublier de fermer la trappe après une vidange (bon, cela concernait la voiture de mon mari, aussi je n'y ai pas vu malice). Un compteur en déroute après un changement de boite de vitesse : il a su nous abuser en nous enseignant sa théorie "une coincidence n'est pas prise en charge par mon assurance". Des roues recommandables qu'à Marseille, des pièces en rupture de banc d'essai, à croire qu'il sous entendait que ma voiture était une curiosité. 

Il commençait à être à court d'expériences à rater. Heureusement, un contrôle technique a permis à ce gentil petit garagiste d'apprendre que le frein arrière était usé jusqu'à la corde et un joint de direction incapable de se positionner (toute ressemblance avec la présidence Hollande est pure coincidence) ; ce qu'il n'aurait pu découvrir par lui-même, n'ayant pas encore atteint le niveau 8 de Mario Kart sur DS3.

Ha, ha, il s'est frotté les mains (qui ne sont jamais couvertes de cambouis grâce à l'électronique de ma carte bleue). Il a pu retrouver les sensations de son enfance lorsqu'il jouait à docteur Maboul et s'amusait à mettre le tibia dans la narine et le coeur dans la dent creuse et plus le bonhomme hurlait, plus il riait, plus le spécialiste augmentait sa facture et plus il riait, plus....ah, je viens de faire un cauchemar...jai cru que j'avais payé 530 euros pour qu'on m'extirpe du fric de mon portefeuille...aRRGH, mon banquier ne va jamais pouvoir ce relevé !

Après trois jours d'immobilisation ,j'ai récupéré ma voiture. J'ai pris le volant, j'ai tourné, j'ai viré et je suis arrivée dans une longue ligne droite qui me permettrait de constater la volupté retrouvée.

Sauf qu'en redressant le volant, ma voiture a braqué brusquement à gauche ; pour rester droite, je devais garder le volant à 45°. Je n'ai pas fait demi - tour de peur de décoller.

Je suis arrivée chez moi tremblante, après avoir craint de griller la priorité à un escargot. J'ai crié à mon mari de retourner au garage, non pas pour casser la gueule à ce garagiste de mes deux, mais pour me confirmer que je n'étais pas folle et qu'il y avait bien un léger problème de direction assistée d'une transpiration excessive.

Mon mari est parvenu au garage avant que la voiture ne s'étale, les roues en éventail. Oh, ce n'est pas la bonne pièce, constate mon petit garagiste un brin détaché...

 Je ne sais pas ce qu'il a prévu ensuite.... Il y en a qui ont peur du dentiste, moi j'ai peur d'être le jeu d'un psychopathe à mollette...