Je ne parle pas seulement de l'élection de Trump à la tête d'un pays foncièrement réactionnaire, je parle du quotiden que chacun doit confronter, travailler, souffrir, protéger, envenimer. Il ne s'agit pas seulement, comme chaque politicien, journaliste, expert, incapable de comprendre et de se taire, de l'expression d'une frustration, d'une colère, d'une peur, mais d'un sentiment profond de détestation de l'autre et de soi, d'une jalousie envers celui qui est étranger, étrange, dérange et d'un mépris envers ce que l'on ne peut être et avoir. cette haine ne s'attaque pas à ceux qui possédent, ceux que l'on veut rejoindre, mais à ceux qui doivent avoir moins que soi.

J'en ai malheureusement été témoin cette semaine. La victime : une française dotée d'un nom arabe, une jeune fille ayant quitté la région parisienne, d'où elle est native, pur suivre un homme qui lui a promis foyer et tranquillité, se coupant ainsi de sa famille qui voyait d'un mauvais oeil qu'elle s'allie à un "pur souche" (qu'on ne s'exclame pas aussitôt, vous voyez ces gens ne valent rien, ils sont intolérants. Le maire d'une petite commune, se disant communiste, a avoué, il n'y a pas deux jours : "je ne suis pas raciste (Ah, cette chère affirmation toujours suivie de son..) ... mais je suis content que le copain de ma fille ne soit pas d'origine .... (je laisse complèter par ceux qui pensent la même chose et s'érigent en vertueux). Elle cherche du travail. Spécialisée dans l'animation, elle trouve des petits boulots, jusqu'à ce qu'elle soit embauchée dans notre mairie, en tant que CUI, payée à peine 20 heures par semaine.

Elle devient responsable de la garderie du soir : de lourdes responsabilités pour un salaire de moins de 700 euros par mois. Voilà que son copain la lâche, lui déclarant comme tout homme courageux "je ne te mérite pas". Elle est isolée, ne connait personne, la maison est à eux deux, mais la voiture, les meubles sont à lui. Elle déprime, tombe malade, est hospitalisée. Elle est remplacée le temps qu'elle se remette, mais pas par n'importe qui, le bourreau (qui trouvera facilement des complices, la haine est contagieuse)  : une petite fonctionnaire, titulaire, cantinière, avec des ambitions de cheftaine.

Cela faisait depuis le début qu'elle a cette jeune d'origine louche dans le collimateur, elle avait même demandé à des connaissances habitant dans le même village que cette jeune, si chez elle, elle ne portait pas le voile (le voile représentant on le sait une menace contre l'intégrité de ceux qui posent leurs yeux dessus - c'est quoi cette folie de défendre les femmes en les sommant de se soumettre aux injonctions de la "laïcité" - il est vrai que 42% des femmes ont voté pour Trump, anti-féministe primaire et que cette histoire démontre que la bêtise et la méchanceté sont bien partagées). Elle fourbit ses arguments contre : le ménage n'est pas fait, elle fait des pauses trop longues pour fumer sa clope, une maman reste trop longtemps à discuter avec elle, ce qui fait qu'elle ne s'occupe plus des autres enfants..

La petite jeune revient, amaigrie mais les vautours la guettent.

Tout le monde lui sourit, s'enquiert de sa santé. Elle reprend son travail, requinquée par ces attentions. Pendant ce temps, dans la cour, la langue empoisonnée se libère et crache tout son venin à l'élue chargée de l'encadrement des employés scolaires et périscolaires. Celle-ci n'arrête pas la délation, la déflagration, elle se délecte. Elle ne dit pas, je ne peux te croire sur parole, je vais vérifier par moi-même. Non, elle dit juste à la petite jeune, lorsqu'elle l'a voit, qu'elle veut lui parler tout à l'heure. Celle-ci croit que c'est pour s'inquiéter de son moral.

Le soir venu, l'élue n'y va pas seule, ils y vont à trois asséner leur vérité à cette gamine qui ne s'y attendait pas.

Elle est assommée, gourbie, en larmes : on achève bien les chevaux, il faut croire que les personnes au teint basané eux ne ressentent rien et qu'il est possible de leur faire supporter une souffrance sans autre fond que celle de la méchanceté qui comme chacun sait n'a pas de limite.

Comment je suis sure que c'est simplement du racisme pur et simple, viscéralement haineux, car cette fonctionnaire blanche exemplaire, dont le poste n'a jamais été menacée par l'arrivée de la jeune, qui n'a rien à gagner dans l'affaire, même pas un meilleur poste, un meilleur salaire, s'est quand même démasquée en déclarant à la petite jeune : c'est peut être le climat qui ne te convient pas.

Alors cessons d'avoir des excuses, des analyses, des explications, l'homme est foncièrement mauvais, raciste, haineux : on a toujours besoin d'un plus petit que soi pour se sentir utile à soi-même.