L'épouvante avant l'épouvante  : passage du virus gastro avant celui de petits monstres aux petites mains griffues, potentiels vecteurs d'une contamination apocalyptique et lessivielle (la machine à laver ne fonctionne jamais autant que lors d'une opération "vidange totale).

Source du mal : un centre de loisirs embauché pour donner du répit aux parents !!!! Actions effectuées : pause congés, impuissance généralisée (comment amener sa fille rejouant poltergeist chez le docteur, au risque d'accentuer la contamination en commençant par sa voiture et en finissant par débarasser la planète de quelques personnes âgées qui ne pourront plus se plaindre de leur hausse de tension et baisse de pension - dans notre campagne moyennement rustique et qui attire donc peu les touristes et parisiens en mal d'intéressement, les docteurs, souvent proches de la retraite ou roumains et commençant à comprendre qu'ils n'ont pas assez fait attention aux petites asterisques en fin de contrat, ne se déplacent pas ; même en faisant le 15, il faut partir en expédition à la recherche d'un cabinet mystérieux perdu aux confins d'une contrée dont il reste encore tant de recoins à dépeupler - donc vous préférez vos toilettes personnelles dont vous connaissez les tenants et les aboutissants.) Et déménagement des symptômes chez mes parents dont c'est leur tour de prendre conscience de leur renouvellement intérieur.

Différence constatée de réactions entre les parents des petits malades : la mère (moi) brave, à peine irritée par un manque de sommeil lorsque sa fille gémit, gémit, gémit, punaise gémit encore, slalomant héroïquement entre les cuvettes, les draps souillés, les jouets mal rangés et le chat enragé (l'odeur du vomi doit l'indisposer, le pauvre) ; le père plaignant de loin les enfants, s'énervant après sa femme lorsqu'elle lui dit qu'elle a froid et qu'elle a besoin de se reposer un moment, la traitant d'"anémiée", puis se lamentant d'avoir mal au ventre, allant se coucher pour ne se relever que le lendemain et téléphoner à sa mère qu'il est tout patraque (mais ne souffrant d'aucun maux de la gastro, c'est un homme un vrai !).

Moralité : quelle que soit la maladie dont vous souffrez, un homme saura toujours mieux l'incarner que n'importe qui (et avec de la fièvre, en prime).