Histoires de contes notoires (sans pourboire)
Il est dur d'aller à l 'encontre des idées reçues, même si les parents ne les inculquent pas à leurs enfants, elles semblent virevolter dans l'air qu'ils respirent :
- vous avez un fils, un blondinet aux yeux bleus, aux joues rebondies. Revêtez - le d'un jogging un peu informe, d'un blouson bleu, acheté par votre belle-mère, touche finale mais pas banale, affublez - le d'un bonnet rose à rayures, bonnet ayant appartenu à sa soeur et le seul à votre disposition, qui ne lui tombe pas trop sur les yeux et vous obtiendrez des petits camarades de vos enfants : "Oh, comment elle s'appelle ta petite soeur ?".....Tout ça parce que le bonnet est rose et que déjà, dans leur petit crâne formaté par les livres enfantins, la télévision peu réaliste(où les papas, mamans s'aiment et ne crient jamais après leurs gosses, sauf quand il y a supernanny), la cigogne s'étant pris le bec dans le chou et des parents banissant tout attribut pouvant attirer leur geignard du mauvais côté de la sexualité, le rose égal fille. Et cela s'est passé après la coupe du monde de Rugby, comme quoi ......les publicitaires ont parfois du mal avec la culture....pas gay, tout ça !
Même ma fille, en adoration devant son grand frêre, se laisse martyriser par lui, convient que les tâches ménagères doivent être effectuées par les filles (enfin, ma fille n'est peut être pas une référence parce que je ne suis pas sûre qu'elle sache en quoi consistent les tâches ménagères, vu qu'elle ne me voit pas souvent les faire....ni personne à mon grand désolement !). Elle a un amoureux et accepte de le partager avec deux de ses copines, même qu'il lui préfère Manon, d'un tout petit écart de doigts, mais quand même, zut ! Mais, elle est finaude, car si elle lui écrit des lettres d'amour (avec beaucoup de coeurs et de couleurs ....oui, lis ça Octavia quand tu auras 20 ans et tu auras beau me maudire, tu auras été une petite fille midinette et rosinette comme les autres...), elle n'oublie pas de lui demander d'embrasser sa mère pour elle..et chacune sait combien il est important de s'entendre avec sa belle - mère pour la paix du ménage (ou de se fâcher une bonne fois pour toute....une fois le mari bien accroché cependant !).
A côté de ça, mon fils de 10 ans traite les filles de nanas, non qu'il ne s'y intéresse... au contraire, leur fait des sourires charmeurs, mais sans succès pour l'instant ! Succès relatif aussi concernant la leçon qui lui a été faite d'apprendre ses leçons pour avoir de bonnes notes. Car si monsieur savait à peu prés l'histoire et les missions de l'ONU, il a hésité sur la signification du sigle, vu que la réponse était dans le titre de la leçon qu'il avait allégrement sauté pour alléger son calvaire. Mais monsieur ne s'est pas démonté et je dois vous apprendre qu'ONU signifie Organisation Numérique Universelle. Il n'a peut être pas tapé loin car quand il y a des casques bleus quelque part, on comptabilise plutôt leur nombre que leur efficacité....
Autre idée reçue, que mon mari appartient à une équipe qui perd. Ce we, ils ont gagné 4 à 2. Mes enfants espèrent toujours les caméras mais je ne suis pas sûre que le Président se déplace pour un match de Local 2, sauf si le ballon lui écrit pour se plaindre des coups reçus et qu'il est victime d'un régime spécial pire que la morsure d'un chien régressif et qu'au passage, si lui aussi pouvait avoir une augmentation de 210 %, il serait preneur. Le match n'était pas truqué, même si nous avions invité, la veille, l'arbitre de touche.
Un, qui touche beaucoup, surtout par le front, c'est Marcus qui s'éclate, surtout la lèvre. Il a découvert qu'un biberon contenait de l'eau et que si on en verse suffisamment dans sa bouche sans l'avaler, puis qu'on exerce une petite pression des joues et des lèvres, ça fait geyser et hurler maman. Il sait descendre les escaliers, d'un lit et la réserve de nourriture ; un vrai morfalou ! Il n'a pas faim, il exige que vous lui donnait immédiatement ce qui devait vous tenir pour repas. Sucré, salé, pas de préférence, il élimine tout en jouant au contorsionniste lorsqu'il s'agit de l'habiller et on croirait que je suis en train de l'égorger sauf que de sa gorge, il en sort des bruits que bannirait tout Grenelle de l'environnement. Et bien sûr, il ne veut pas marcher, bien quelques deux ou trois enjambées sans préavis, quand il ne souvient plus qu'il a décidé la grève de l'effort , mais il préfère faire du sitting, malgré nos nombreuses sollicitations et âpres négociations. Et ses récriminations sont nombreuses quand nous ne daignons pas répondre assez vite à ses exigences de le prendre dans nos bras. Bref Marcus se porte bien...haut et lourd !
Quant à moi, je suis en vacances, encore deux jours puisque la nourrice se paye du bon temps à Venise alors que nous nous sommes contentés d'aller à C...où les seuls pigeons sont ceux qui ont cru que la fumée sortant de l'usine de fabrication de complèments alimentaires, située à proximité, éviterait leurs narines. Ah l'odeur de chou fleur de bon matin vous revigore et vous fait jeter aux plus vites les céréales du petit déjeuner où embaument par on ne sait quelle manipulation chimique ces mêmes compléments. Et bien sûr pas de boulanger en vue pour vous venger sur la baguette. Ben non, à la campagne, mon gars, tu y viens pour courir sans arrêt à la ville, avec ton 4x4 bien polluant, parce que t'as jamais rien sous la main...par contre sous le pied, t'en as !!!! Le seul moment où j'ai apprécié le fumet de C.... comme un doux parfum enchanteur et féérique, c'est lorsque je suis montée dans la voiture de Jj qui, soit disant pour masquer l'odeur de vomi (voir billet précédent, faut que je me vende un peu !), a pendu à son rétroviseur un ourson censé sentir la pêche. Si la pêche est aussi pestilentielle, je comprends qu'Adam ait préféré la pomme ! Bref, malgré le froid, et donc l'atmosphère de chou fleur, j'ai laissé ma vitre ouverte ...je n'ai jamais autant détesté un ours de ma vie !!!
Des vacances étourdissantes puisque les enfants se faisaient une joie de retourner à la piscine de M.... pour glisser du grand toboggant et se faire des nouveaux copains dont on n'aura même pas demandé le prénom. Nous devions rejoindre Jj à son travail (puisque lui travaillait, et moi j'étais en vacances, enfin bref, je vais pas tout raconter ma vie !) puis trois devaient aller à la piscine pendant que deux allaient se bagarrer autour d'une couche (je ne vous dis pas dans quel groupe j'étais supposée être, mais certainement le plus éreintant). La veille, je m'étais disputée avec Jj qui, voulant m'expliquer la route à prendre (je ne travaille pas à M...mais à R...., en fait M...je m'en contreficherait si donc il n'y avait pas une piscine avec un grand toboggan et des nouveaux copains pour mes enfants qui ne s'en souviendront plus le lendemain), me dit d'aller jusqu'à un premier rond point, là je vois la route qui mène à ses parents, oui. et bien, je ne la prends pas, je prends celle avant. Au second rond point, il y aura une entreprise de machines agricoles, un hôtel, et bien ,je les ignore pour me concentrer sur un pont qui sera caché..!!!!!Vous auriez compris, vous ! Bref, je lui ais demandé quels panneaux il fallait suivre, qu'il me cause comme à un mec, bon sang !
Arrive le lendemain, qui devient aujourd'hui, pour être un jour lointain maintenant et encore plus quand vous me lirez. Jj est au travail, il sort à 16H15 (je situe la scène pour bien faire comprendre le drame). Je prépare le sac de piscine à 14h28, je compte partir à 15H30. A 15h45, je suis en train de balayer les saloperies d'Hippolyte qui n'a rien trouvé de mieux de se nettoyer les baskets sur le saillant de l'entrée, nous permettant de le suivre à la trace, surtout Marcus, toujours curieux de nouveau matériau à offrir à sa bouche. Je crie, je hurle, j'attrape les trois gosses, démarre en trombe, trouve le 1er rond point, tourne tout droit, parvient au second rond point sans machines agricoles, ni hôtel, suit les panneaux indiquant M...et me rend compte que je ne sait absolument pas où je suis. Je vire et revire, offrant aux habitant de M.... la joie de contempler une Opel Rose sous tous les angles, quand je me retrouve nez à dos avec Jj qui, donc d'après ses indications, s'attendait à ce que j'arrive de l'autre côté (je pense qu'il y a un dieu pour les perdantes en voiture ou que M.... est une petite ville !). Nous montons chacun dans notre voiture, la sienne m'étant interdite par un ours putoisant, direction ....Decatlon pour acheter des pointes à Octavia. Heureusement que Decatlon est là (pour toute rémunération pour cette publicité que je ne voudrais pas trop gratuite, merci de s'adresser à mon banquier qui en retrouvera des couleurs) ! Car, sur le chemin me menant vers ce magasin couleur bleu ciel, je me rends compte que le sac de piscine est resté au port et que mon coffre est plein du desespoir de mes enfants quand je leur annonce la catastrophe. Nous nous traitons mutuellement cordialement pour savoir à qui incombe l'oubli fatidique. Je pense en sortir gagnante ou perdante, c'est selon. Bref, sans Decathlon, j'aurais fait le trajet pour rien même si j'ai du mentir et affirmer que cette vénérable boutique ne vendait pas de serviettes, ni de maillots de bain pour aller malgré tout à la piscine....sont tétus ces gosses !
Pas de chute, Marcus en fait assez !