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je vis, je dis, je ris ...ou pas
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21 décembre 2012

La fin du père noël ou la suite

Il existe un âge où on hésite entre croire ou pas croire au père noël.

Mon fils, sur un ton péremptoire, m'a affirmé que le vieux monsieur,

qui ne rencontre jamais de problème de dressing,

alors qu'en cette fin d'année chacun s'acharne à trouver le bon vêtement pour satisfaire à la norme "branché" sans faire celui qui suit le courant,

n'existe pas,

avant de m'incendier, parce que j'osais transmettre la liste de jouets,

qu'il avait laborieusement gravé au feutre bien épais, laissant sa marque profonde jusqu'au coeur de pores bien amarrés,

à ma mère, créant ainsi un incident diplomatique, la primeur devant en revenir à l'onomatopesque seigneur drapé de rouge et de blanc.

Il se rendit bien compte que le père noël,

à la barbe distendue et aux élastiques n'évitant pas les fuites,

qui vint à sa rencontre beaucoup trop tôt,

invité par un village désireux de préserver sa jeunesse,

alors qu'il s'étiole sur les épaules graciles de vénérables vieillards enracinés par la désespérance,

était une imposture,

et le jouet qu'il lui offrit aussi, puisque qu'il ne figurait pas dans la liste pour laquelle il avait pourfendu les liens du sang.

Sa foi vacillait,

mais pas son envie d'être comblé.

Aussi laissa t'il une seconde chance à l'être chenu et rubicond,

qui fourmille d'idée pour faire repartir la croissance, alors que son ventre s'aplatit sous les effets des régimes d'austérité.

Lorsque le père noël s'aventura à franchir le seuil de la garderie,

où mon fils était parqué le temps que mon patron me libère de mes obligations qui ne sont que celles édictées par ma conscience au déni de mes rêves,

mon fils lui tendit,

en guise de calumet de la paix,

un dessin finement préparé,

afin qu'ils conviennent de sa sagacité et de son mérite à décrocher la timbale,

qui finira bien par se lover dans un petit soulier non verni, ni même lessivé, juste trop petit,

le soir tant espéré,

où si rien n'est fait,

il n'est pas exclu qu'un couperet vengeur ne renvoie à tout jamais l'infâme poilu vermillon,

incarnation d'un capitalisme brutal où des lutins travailleurs sont exploités et spoliés, pour glorifier un patron n'en fichant pas une rame, surtout en cette période de zizanie dans le métro,

à un néant sans écho.

Mon fils hésite à tuer le père noël,

non pas qu'il ait besoin d'un monde magique pour exaucer ses caprices ;

juste, parce qu'il n'est pas sûr que ses parents soient à la hauteur !

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