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je vis, je dis, je ris ...ou pas
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21 décembre 2012

à 11 H 41 toujours pas de fin du monde (mais comme une petite faim)

Jusqu'ici, tout va bien.

Je ne sais pas si des gens sont rassurés du fait de savoir que bientôt, peut être à l'instant, c'est la fin du monde.

Si je peux me permettre une critique vis-à-vis des mayas - peuplade qui n'a même pas su prédire que de pauvres types, dépareillés et débraillés après une croisière sur un Costa sans sol, parlant un dialecte où le chat est un gato et le gateau un pastel, allaient sonner leur hallali avec force alleluia - c'est que tant qu'annoncer la fin du monde un jour donné (enfin quand je dis donné, vu le fric que certains sont en train de se faire grâce à ce chiffre magique, sans parler de la française des jeux, il me semble qu'il aurait été plus judicieux de leur part d'en déposer le copyright), ils auraient pû préciser l'heure, parce que c'est toute la journée qu'on va avoir droit à un reportage exclusif sur toutes les chaînes sur l'absence du moindre événement.

Il est de bon ton de questionner, sous l'oeil de la plaisanterie, pour démontrer, à la fois, son scepticisme face à ce qui n'affole aucun tordu du ciboulot et un sens de l'actualité formidablement original - alors que tant de gens se demandent comment ils vont bien pouvoir finir le mois - une personnalité, à qui on essaye ainsi de donner une 3ème dimension plus humaine, sur ce qu'elle ferait si son destin merveilleux, suivi par des milliers d'amis qui se pourlèchent de ses ennuis, s'arrêtait brutalement demain (ce qui de toute façon l'attend inexorablement, vu que les feux de la rampe brulent plus vite qu'ils n'encensent). Et la damoiselle ou le damoiseau de sortir une tirade qui, si elle figurait dans un scénario, lui vaudrait le nanard de la phrase qui mérite qu'on s'y arrête avant le point final.

Si un gentil taquin, poudré pour ne pas luire et blanchi pour mieux réfléchir la beauté des projecteurs, me demandait, à brûle pourpoint, ce que je ferai si je devais mourir aujourd'hui, je répliquerai bien, plagiant un La Palisse et plongeant dans les joies d'un calembour dont la profondeur m'effraie : "vivre jusqu'à mon dernier souffle", mais afin de répondre aux attentes d'un public animé par des fils publicitaires, je miaulerai que je prierai intensément afin que tout le monde aille au paradis (si bien sûr, celui-ci est doté de la télévision) ou que je distribuerai une hostie cyanurée à tous mes enfants, parents, amis afin que nous communions ensemble dans une sympathique hécatombe (et d'éviter qu'il y en ait un qui y échappe et se nourrisse de mes abatis).

Ce qui est amusant dans cette fin du monde que des prophétiseurs nous annoncent périodiquement, estimant sans doute que pour être écouté, il faut tenir son auditoire à la gorge, c'est que certains y voient surtout un moyen de survivre avec peu d'expédients (qui représentent quand même 8 semaines de victuailles et 10 mois de tueries). Il faut donc croire que beaucoup de gens sur terre vivent déjà dans des conditions de fin du monde (avec moins de 8 heures de victuailles et plus de 10 mois de guerre), mais en croyant que le pire les attend.

Moi, quand je pense fin du monde, je vois explosion et disparition totale de la terre et des petits bunkers qui y sont enterrés. Alors que je pourrais penser à ces braves dinosaures, que personne n'avait songé à avertir de se méfier d'une lueur subite venant d'un ciel crépusculaire, le 30 janvier - 65 326 235 av. JC. Il y avait bien le brachiosaurus Graoi qui n'arrêtait pas de dire que sa patte gauche le démanger et qu'il y voyait un mauvais présage. Mais le tyrannosaurus Brouigr, d'un geste brusque de la machoire, mit fin aux élucubrations de cet antédiluvien Cassandre et la fin du monde des dinosaures fut et les archéologues s'en réjouissent.

Il faut donc croire que si la fin du monde advenait (toujours pas à 11 heures 25), il y aurait une repousse instantanée.

Imaginons une grande oraison funêbre, s'ouvrant sur le tambourinement des sabots de quatre montures gigantesques s'éloignant vers les cieux incléments, après avoir accompli leur implacable massacre. Soudain surgiraient des gémissements plaintifs, des implorations geignardes, des frémissements zombiesques (je me dois pour la survie de ce blog d'attirer du sang jeune), des mains moins rigides que d'autres et .....ma belle-mère ! ... parce que qui a dit que la fin du monde serait équitable et que ce serait les meilleurs qui survivraient.

Ce n'est pas parce que j'ai constitué un stock de 20 000 sardines et de 10 000 bouteilles de Fanta (afin de garder une certaine légéreté malgré la gravité de la situation), que je vaux mieux que celui qui n'a qu'un petit pain à multiplier.

Bref, comme les crocodiles ont sû dépasser les dinosaures sur l'échelle de l'évolution spatio-temporelle, certains énergumènes seraient parvenus à échapper à l'apocalypse d'un dieu sans discernement. Après s'être époussetés, avoir compté leurs 9 doigts et pleuré leurs morts, ils iront composer un nouveau chapitre de la bible mêlant incestes, paricides et proclamations d'innocence. Rien de nouveau sous le soleil de cendre et je ne vois pas pourquoi, si ma belle-mère survit, ce monde mérite d'être détruit ! 

Il est horrible, injuste, cruel, écrasant, mais on peut y dire n'importe quoi (surtout si on est filmé !).

C'est comme ceux qui prônent l'euthanasie, surtout s'il s'agit de se débarasser d'un vieillard qu'est pas beau à voir, ont-ils été enquêté afin de savoir si c'était mieux après la fin de la vie. Si ça se trouve, on revit. Et la même vie. Indéfiniment. Fillon, Copé. Copé, Fillon. AARGH, Sarkozy ! Ce n'est pas la fin du monde qu'il faut souhaiter, c'est la fin du cauchemard ! et la fin de ce billet...

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